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Contrat de maintenance d'un site internet : ce qu'il doit dire

Un contrat de maintenance se juge sur cinq clauses, pas sur son prix. Voici lesquelles, ce qu'elles doivent dire, et ce qui n'y figure jamais.

Le contrat de maintenance est le document le plus signé et le moins lu du web professionnel. Il arrive en annexe du devis de création, il tient sur deux pages, il annonce un forfait mensuel — et personne ne le rouvre avant le jour où quelque chose casse. Ce jour-là, on découvre que la panne n'était pas couverte.

Ce n'est pas une question de mauvaise foi. C'est une question de rédaction : la plupart de ces contrats décrivent une intention (« assurer le bon fonctionnement du site ») plutôt qu'une obligation mesurable. Or une intention ne s'exécute pas, et ne se compare pas non plus à celle du concurrent.

Cet article détaille ce qu'un contrat de maintenance doit contenir pour être exécutable, clause par clause, avec les questions à poser quand une clause manque. Il complète maintenance de site internet, à quoi ça sert, qui décrit le travail ; celui-ci décrit le document.

Ce qu'un contrat de maintenance est, juridiquement

C'est un contrat de prestation de services à exécution successive : le prestataire s'engage à faire quelque chose de façon répétée, contre une rémunération périodique. Rien de plus, rien de moins — il n'existe pas de contrat type imposé, pas de mentions obligatoires spécifiques, pas de cadre réglementaire propre à la maintenance informatique.

Deux conséquences pratiques en découlent, et elles expliquent presque tous les litiges. La première : tout ce qui n'est pas écrit n'est pas dû. Un prestataire qui n'a pas promis de délai n'en doit aucun. La seconde : la nature de l'engagement change tout selon qu'il s'agit d'une obligation de moyens (il fait de son mieux) ou d'une obligation de résultat (le site fonctionne, ou il y a manquement).

Dans les faits, la quasi-totalité des contrats de maintenance sont des obligations de moyens, et c'est normal : personne ne peut garantir qu'un site ne tombera jamais. Ce qui se garantit, en revanche, ce sont des délais, une fréquence de sauvegarde, un volume d'heures. C'est là-dessus qu'un contrat s'évalue.

Les cinq clauses qui décident de tout

Un bon contrat n'est pas un contrat long. C'est un contrat qui répond sans ambiguïté à cinq questions. S'il n'y répond pas, la première panne fera l'objet d'une négociation — et une négociation en pleine panne se passe toujours mal.

La clauseCe qu'elle doit dire précisémentCe qu'on lit trop souvent
Le périmètreLa liste nominative de ce qui est couvert : le site, ses extensions, le serveur, les adresses de courriel, le nom de domaine« La maintenance du site internet »
Les délaisUn délai de prise en compte et un délai de rétablissement, avec des plages horaires et des jours ouvrés nommés« Dans les meilleurs délais »
Le volume inclusUn nombre d'heures ou d'interventions par mois, et le sort des heures non consommées« Les modifications mineures »
Les exclusionsCe qui n'est pas couvert : piratage, refonte graphique, nouveau module, migrationRien du tout, ou un renvoi aux CGV
La sortieLe préavis, le format d'export des données, la remise des accès, le coût éventuelRien du tout
La cinquième ligne est la plus souvent absente et la plus coûteuse : un contrat sans clause de sortie inclut, dans son prix réel, celui de ne pas pouvoir partir.

Si vous ne deviez en vérifier qu'une, prenez la quatrième. Les exclusions sont ce qui transforme un forfait de 90 € en devis de 1 200 € le jour de l'incident, et elles sont systématiquement plus larges qu'on ne l'imagine.

Les délais : ce que valent GTI et GTR

Deux sigles reviennent dans les contrats sérieux, et ils ne disent pas la même chose. La GTI, garantie de temps d'intervention, est le délai au bout duquel quelqu'un commence à regarder. La GTR, garantie de temps de rétablissement, est le délai au bout duquel le service est rétabli.

La première est facile à tenir et se vend cher ; la seconde est la seule qui vous intéresse. Un contrat qui annonce « intervention sous 4 heures » sans jamais parler de rétablissement promet un accusé de réception rapide, pas un site qui remarche.

Trois précisions rendent une garantie de délai réellement opposable, et leur absence la vide de son sens :

  • La plage couverte. « Sous 4 heures » en jours ouvrés, de 9 h à 18 h, signifie qu'une panne du vendredi 18 h 05 est traitée le lundi à 13 h. Pour un restaurant ou un commerce, c'est un week-end entier.
  • Le point de départ. Le délai court-il à partir de votre appel, de l'ouverture d'un ticket, ou de la constatation par le prestataire ? Un point de départ flou annule le délai.
  • La conséquence du dépassement. Sans pénalité ni résiliation de plein droit, une garantie non tenue n'a aucun effet. Une pénalité symbolique — un mois d'abonnement offert — vaut mieux qu'aucune : elle rend l'engagement réel.

Pour un site vitrine d'entreprise, exiger une GTR de quatre heures relève de la surenchère et se paie. Une prise en compte le jour ouvré et un rétablissement sous quarante-huit heures couvrent l'immense majorité des situations. Ce qui compte n'est pas la performance affichée, c'est qu'elle soit écrite.

Ce qu'un contrat de maintenance ne couvre presque jamais

Voici les exclusions que l'on retrouve dans la majorité des contrats du marché. Aucune n'est abusive en soi ; toutes surprennent quand on les découvre au mauvais moment.

  • Le piratage et ses suites. Le nettoyage d'un site infecté est presque toujours facturé à part, souvent à la journée, et parfois au tarif d'urgence.
  • Les évolutions fonctionnelles. Ajouter un formulaire, une prise de rendez-vous, une page de prestation : c'est du développement, pas de la maintenance.
  • La refonte graphique. Changer le thème ou la charte n'entre jamais dans un forfait mensuel.
  • Les mises à niveau majeures. Passer d'une version majeure à la suivante, avec le test des extensions, se chiffre en journées.
  • La perte de données due au client. Une page supprimée par erreur puis restaurée peut être facturée si le contrat ne prévoit pas la restauration à la demande.
  • Le contenu. Rédiger, corriger, traduire : jamais compris, sauf mention expresse.

La bonne pratique consiste à demander que ces exclusions figurent noir sur blanc, avec un tarif associé. Un prestataire qui écrit « nettoyage après compromission : forfait de 4 heures au tarif horaire en vigueur » est plus rassurant que celui qui reste silencieux : au moins, le prix de la mauvaise journée est connu.

Les trois modèles de tarification

Trois façons de facturer coexistent sur le marché, et elles ne conviennent pas aux mêmes situations.

ModèleComment ça marchePour qui c'est adaptéLe piège
Forfait mensuelUn montant fixe couvrant la technique et un volume d'heuresSites actifs, modifications régulièresLes heures non consommées sont perdues
Régie (à l'heure)Rien au repos, tout à l'interventionSites stables, budget serréAucune surveillance : personne ne regarde entre deux appels
Tickets prépayésUn carnet d'heures acheté d'avance, consommé au fil de l'eauBesoins irréguliersDate de péremption du carnet, souvent douze mois
Aucun modèle n'est meilleur : ils achètent des choses différentes. Le forfait achète de la disponibilité, la régie achète des heures, les tickets achètent de la souplesse.

Le forfait mensuel est le plus répandu et le plus mal évalué. Un forfait à 150 € comprenant deux heures est moins cher qu'un forfait à 80 € auquel s'ajoutent deux heures facturées 90 € — à condition d'utiliser réellement les deux heures. La plupart des entreprises ne les consomment pas, et paient donc de la disponibilité qu'elles n'emploient jamais.

Combien coûte un contrat de maintenance

Les ordres de grandeur ci-dessous sont ceux que l'on constate en France pour un site vitrine d'entreprise. Ils servent à situer un devis reçu, pas à en fixer un : un même périmètre se facture du simple au triple selon la région et la structure du prestataire.

NiveauCe qu'il comprend en généralPar mois
Surveillance seuleContrôle de disponibilité, alerte en cas de panne, aucune intervention10 à 40 €
TechniqueMises à jour, sauvegardes vérifiées, correctifs de sécurité40 à 150 €
Technique et évolutifLa technique, plus un volume d'heures de modifications150 à 500 €
Infogérance complèteServeur dédié, astreinte, engagement de rétablissement500 € et au-delà
Fourchettes indicatives pour un site vitrine en France. Un site marchand, une application métier ou un serveur dédié changent d'échelle.

Un repère utile pour lire ces montants : au-delà de la fourchette technique, un contrat doit comprendre des heures de modification réelles et les nommer ; en deçà, il faut se demander qui fait quoi, et à quelle fréquence. Le prix seul ne dit rien tant que le périmètre n'est pas écrit.

Durée, reconduction tacite et résiliation

La plupart des contrats de maintenance sont conclus pour douze mois avec reconduction tacite. Entre professionnels, c'est parfaitement licite ; ce qui rend la clause acceptable ou non, c'est le préavis et la façon dont on est informé de l'échéance.

Trois points méritent d'être lus avant de signer. La durée initiale : douze mois est courant, vingt-quatre est une durée d'agence qui protège l'agence. Le préavis : un mois est raisonnable, trois mois sur un contrat annuel signifie qu'il faut décider de partir neuf mois après avoir commencé. Et le mode de dénonciation : une lettre recommandée est encore courante, un courriel suffit chez les prestataires qui n'ont rien à craindre du départ de leurs clients.

L'expression « sans engagement » mérite d'être vérifiée plutôt que crue. Elle signifie parfois « résiliable à tout moment, effet immédiat », parfois « reconductible au mois avec un préavis de trente jours ». Les deux sont honnêtes ; ce ne sont pas les mêmes.

Le contrat et les données personnelles

Un prestataire de maintenance accède à votre base de données, donc aux messages reçus par vos formulaires, donc à des données personnelles. Il agit à ce titre comme sous-traitant au sens du RGPD, et l'article 28 du règlement impose que cette relation soit encadrée par un contrat écrit.

Concrètement, votre contrat de maintenance doit préciser au minimum : la finalité et la durée du traitement, l'interdiction d'utiliser les données à d'autres fins, l'obligation de confidentialité des personnes qui y accèdent, la localisation des sauvegardes, et le sort des données à la fin du contrat.

Ce n'est pas une formalité de juriste : c'est la clause qui vous permet d'exiger la suppression des copies détenues par un prestataire dont vous vous séparez. Sans elle, vos fichiers de contacts vivent indéfiniment sur un serveur que vous ne contrôlez plus.

Qui possède quoi : le code, le contenu, le domaine

Un contrat de maintenance n'est pas un contrat de cession de droits, et beaucoup de conflits naissent de cette confusion. Trois éléments doivent être attribués explicitement, dans le contrat de création ou dans celui de maintenance.

  1. Le nom de domaine. Il doit être déposé à votre nom, avec votre adresse de courriel comme contact. C'est le seul élément qui, à lui seul, éteint le site s'il n'est pas renouvelé — et le seul qu'un tiers peut conserver.
  2. Le contenu. Textes, photos, logo : vous en êtes l'auteur ou vous en avez acquis les droits. Vérifiez le cas des photos fournies par le prestataire, souvent issues de banques d'images sous licence liée au projet.
  3. Le code et le thème. Un thème acheté sous licence n'est pas cédé : il est concédé. Un développement sur mesure, lui, doit faire l'objet d'une clause de cession si vous voulez pouvoir le confier à un autre prestataire.

Le test le plus rapide tient en une question : si je change de prestataire demain matin, qu'est-ce que j'emporte sans rien demander à personne ? Tout ce qui ne passe pas ce test est un point de dépendance, et un point de dépendance a un prix qui ne figure sur aucune facture.

Lire un devis de maintenance en dix minutes

Une grille de lecture qui tient sur un coin de table, à appliquer dans l'ordre. Elle ne demande aucune compétence technique.

  1. Cherchez le mot « heures ». S'il n'apparaît pas, aucun travail n'est promis : vous payez de la surveillance.
  2. Cherchez le mot « sauvegarde », puis la fréquence, puis l'emplacement. Une sauvegarde sur le serveur du site ne protège de rien.
  3. Cherchez la liste des exclusions. Si elle est absente, demandez-la par écrit avant de signer.
  4. Cherchez le délai, et vérifiez qu'il porte sur le rétablissement et pas seulement sur la prise en compte.
  5. Cherchez la clause de sortie. Si elle est absente, faites-la ajouter : c'est la seule modification qu'un prestataire honnête accepte sans discuter.
  6. Additionnez le forfait sur trente-six mois et comparez ce total au coût de création. Le rapport doit vous paraître justifiable.

Ce que devient ce contrat avec un CMS hébergé

Une grande partie de ce document n'existe que parce que le site est monté sur une pile qu'il faut entretenir soi-même : un moteur, un thème, une dizaine d'extensions écrites par des tiers, un serveur. Chaque brique évolue à son rythme, quelqu'un doit tester et déployer, et ce travail est réel — il se facture.

Sur un CMS hébergé, cette responsabilité change de camp. L'éditeur met à jour sa plateforme pour tous ses clients à la fois : il n'y a pas de version à choisir, pas d'extension à surveiller, pas de compatibilité à tester. Ce n'est pas de la magie, c'est de la mutualisation, et c'est ce qui fait disparaître la ligne de facture.

Chez Webcosa, la partie technique est comprise dans l'abonnement, dans les deux formules : hébergement en Europe, certificat de sécurité, sauvegardes et mises à jour de la plateforme. La formule Solo est à 29 € par mois, la formule Pro à 59 € par mois, sans engagement de durée et avec sept jours d'essai sans carte bancaire. Le détail est sur la page des tarifs et la page des fonctionnalités.

Ce qui reste à votre charge, et qu'aucun abonnement ne remplace, c'est le contenu : vérifier ce qui a changé, publier ce qui est neuf. Si vous préférez déléguer aussi cette partie, c'est une prestation identifiée — notre agence la chiffre sur devis, et l'abonnement SEO la prend en charge chaque mois.

Ce qu'il faut retenir

Un contrat de maintenance ne se juge pas à son montant mais à cinq clauses : le périmètre nommé, les délais de rétablissement, le volume d'heures inclus, la liste des exclusions et les conditions de sortie. Un contrat qui répond aux cinq peut être cher et rester un bon contrat ; un contrat qui n'y répond pas est un pari, quel que soit son prix.

Avant de signer, demandez les réponses par écrit et gardez le courriel : entre professionnels, un échange écrit vaut engagement. Et posez-vous la question préalable — celle que ce document ne pose jamais : cette facture existe-t-elle parce que le site en a besoin, ou parce que la technologie choisie il y a trois ans l'impose ?

Questions fréquentes sur le contrat de maintenance

Aucune loi ne l'impose. Ce qui est nécessaire, c'est que quelqu'un applique les correctifs de sécurité, vérifie les sauvegardes et renouvelle le certificat — le contrat n'est qu'une façon d'organiser ce travail. Sur un CMS hébergé, ces tâches sont assurées par l'éditeur et comprises dans l'abonnement : il n'y a alors ni contrat de maintenance à signer, ni facture séparée.

En France, une surveillance seule se situe couramment entre 10 et 40 € par mois, une maintenance technique entre 40 et 150 €, et une maintenance incluant des heures de modification entre 150 et 500 €. Ces fourchettes sont indicatives et servent uniquement à situer un devis reçu : un même périmètre se facture du simple au triple selon la région et la structure du prestataire, et seul le détail écrit des prestations permet de comparer deux propositions.

Cinq éléments au minimum : la liste nominative de ce qui est couvert, un délai de prise en compte et un délai de rétablissement avec leurs plages horaires, le volume d'heures inclus et le sort des heures non consommées, la liste explicite des exclusions avec leur tarif, et les conditions de sortie — préavis, format d'export, remise des accès et transfert du nom de domaine.

La GTI, garantie de temps d'intervention, est le délai au bout duquel quelqu'un commence à regarder le problème. La GTR, garantie de temps de rétablissement, est le délai au bout duquel le service refonctionne. Seule la seconde vous intéresse vraiment : un contrat qui promet une intervention sous 4 heures sans parler de rétablissement garantit un accusé de réception, pas un site qui remarche.

Presque jamais dans un forfait standard. Le nettoyage d'un site compromis, l'analyse de la porte d'entrée et la restauration se facturent en général à part, souvent à la journée. C'est l'exclusion la plus coûteuse et la plus fréquente : demandez qu'elle soit écrite avec son tarif, de façon à connaître d'avance le prix de la mauvaise journée plutôt que de le découvrir ce jour-là.

Cela dépend entièrement de ce qui est écrit. La plupart des contrats sont conclus pour douze mois avec reconduction tacite et un préavis d'un à trois mois. Entre professionnels, la reconduction tacite est licite et il n'existe pas de protection équivalente à celle des consommateurs : c'est donc à vous de noter la date d'échéance. Un préavis de trois mois sur un contrat annuel oblige à décider de partir neuf mois après avoir commencé.

Deux choses différentes selon les prestataires : soit une résiliation à tout moment avec effet immédiat, soit un contrat reconduit au mois avec un préavis de trente jours. Les deux sont honnêtes, mais ce ne sont pas les mêmes. Demandez la formulation exacte, et vérifiez surtout ce qui se passe pour l'hébergement et le nom de domaine s'ils sont portés par le même prestataire.

Oui, dès lors qu'il accède à votre base de données, donc aux messages reçus par vos formulaires. Il agit comme sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD, et la relation doit être encadrée par un écrit précisant la finalité, la durée, la confidentialité, la localisation des sauvegardes et le sort des données à la fin du contrat. C'est cette clause qui vous permet d'exiger la suppression des copies après un départ.

Vous, sans exception. Le titulaire déclaré au registre doit être votre entreprise, avec une adresse de courriel que vous relevez. Un domaine déposé au nom de l'agence transforme tout changement de prestataire en négociation, et son non-renouvellement est le seul incident capable d'éteindre un site entier du jour au lendemain. Vérifiez-le avant de signer, pas après.

Non pour la partie technique : les mises à jour de la plateforme, le certificat, l'hébergement et les sauvegardes sont assurés par l'éditeur et compris dans l'abonnement. Un contrat peut rester utile si vous voulez déléguer le contenu — rédaction, publication, référencement — mais c'est alors une prestation éditoriale, qui se juge sur un volume de travail livré et non sur une disponibilité.

Tout ça, Webcosa le fait à votre place — ou vous laisse le faire, sans y passer vos soirées.