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Créer un site internet gratuitement : ce que le gratuit vous prend

Le gratuit existe, il fonctionne, et il se paie autrement. Voici en quelle monnaie, à qui il convient vraiment, et quand il devient le plus cher des choix.

« Créer un site internet gratuitement » figure parmi les premières recherches de quiconque démarre une activité, et la demande est légitime. La réponse honnête est oui : le gratuit existe, il fonctionne, et des sites qui n'ont jamais coûté un euro reçoivent des visiteurs tous les jours.

Ce que ces offres disent moins volontiers, c'est comment elles sont financées. Un serveur qui répond jour et nuit, une adresse enregistrée, un certificat de sécurité, des sauvegardes, une équipe qui corrige les pannes : tout cela a un coût, modeste mais réel. Quand vous ne le payez pas en euros, quelqu'un le paie à votre place et se rembourse autrement.

Cet article ne cherche pas à vous détourner du gratuit. Il existe des situations où c'est exactement le bon choix, et elles sont nommées plus bas. Il cherche à vous épargner la version coûteuse du gratuit : celle où l'on découvre, après deux ans de travail, qu'on ne peut rien emporter. Si votre question porte sur le petit budget payant plutôt que sur le zéro euro, elle est traitée à part dans ce qu'on paie vraiment dans un site pas cher.

Il existe vraiment des sites gratuits, et voici comment ils sont financés

Aucun éditeur n'héberge des pages par philanthropie. Derrière chaque offre gratuite se tient un modèle économique qui tient debout, et il n'est jamais dissimulé : il est simplement écrit en petit, dans des conditions que personne ne lit avant de cliquer.

  • L'offre d'appel. L'éditeur vous laisse construire sans payer, en pariant qu'une fraction des inscrits basculera vers une formule facturée. C'est le modèle le plus sain, à condition de savoir quand le compteur se déclenche.
  • La publicité. Vos pages affichent les bandeaux de l'éditeur, ou au minimum une mention de sa marque en pied de page. Vos visiteurs voient une réclame que vous n'avez pas choisie, sur un site censé porter votre sérieux.
  • L'adresse. Le site vit sur un sous-domaine de l'éditeur. Chaque carte de visite imprimée, chaque devis envoyé fait alors la promotion d'une marque qui n'est pas la vôtre, et le fait gratuitement.
  • Le service vendu autour du logiciel. Un CMS libre ne coûte rien à télécharger parce qu'une communauté le développe, souvent soutenue par des sociétés qui vendent l'hébergement ou l'accompagnement. Le logiciel est gratuit ; l'écosystème qui le rend utilisable ne l'est pas.
  • L'audience revendue. Une fiche d'annuaire ou une page de réseau social ne vous coûte rien parce que la plateforme monétise l'attention qu'elle rassemble. Vous alimentez un espace publicitaire dont vous n'êtes pas propriétaire.

Aucun de ces modèles n'est malhonnête. Ils deviennent coûteux le jour où ils entrent en conflit avec ce que vous voulez faire de votre site — et ce jour-là arrive presque toujours au moment où le site commence enfin à servir.

Les cinq formes de gratuit, et ce qu'elles achètent vraiment

On range sous un même mot cinq choses qui n'ont ni les mêmes limites, ni les mêmes conséquences à trois ans. Avant toute autre question, identifiez laquelle on vous propose.

Forme de gratuitCe que vous obtenezCe qui la financeLe risque principal
Offre d'appel d'un éditeurUn outil complet, limité dans le tempsL'espoir que vous passiez à une formule payanteL'échéance tombe au moment où le site sert enfin
Formule gratuite permanenteQuelques pages, sur une adresse de l'éditeurLa publicité affichée et la promotion de la marqueVous ne maîtrisez ni l'adresse ni ce qui s'affiche
Logiciel libre installé par vos soinsUn CMS complet, sans licence à payerUne communauté, et des sociétés qui vendent du serviceGratuit à télécharger, payant à héberger et à tenir
Fiche d'annuaire ou page de réseauUne présence trouvable, remplie en une heureL'audience que la plateforme revendVous bâtissez sur un terrain qui n'est pas le vôtre
Site fait par un procheUn vrai site, sur mesure, sans factureUn service rendu, une soirée de bonne volontéPersonne n'est tenu de le maintenir dans deux ans
Cinq mécaniques derrière un même mot. Aucune n'est disqualifiée d'avance : elles se choisissent selon la durée pendant laquelle vous comptez vous en servir.

La distinction la plus utile sépare les trois premières lignes des deux dernières. Dans les trois premières, vous construisez un site : il a des pages, il porte votre discours, il peut être trouvé pour ce que vous faites. Dans les deux dernières, vous remplissez un formulaire chez quelqu'un d'autre, ou vous confiez votre présence en ligne à la disponibilité future d'une personne qui ne vous doit rien.

Le second critère est la durée. Pour une opération qui vivra six semaines, la quatrième ligne suffit largement. Pour une activité que vous comptez exercer dix ans, elle est un mauvais point de départ — non parce qu'elle est gratuite, mais parce qu'elle ne se transforme en rien.

Ce que le gratuit vous donne réellement

Il faut commencer par les mérites, parce qu'ils sont réels et systématiquement minimisés par ceux qui vendent l'alternative.

Une existence, d'abord. Une entreprise sans aucune adresse en ligne n'est vérifiable nulle part : le client qui a votre numéro sur un devis ne trouve rien quand il tape votre nom, et l'absence de résultat inquiète davantage qu'une page modeste. Une page unique qui dit qui vous êtes, ce que vous faites et comment vous joindre règle ce problème en une soirée.

Un délai court, ensuite. Ni devis à valider, ni acompte à verser, ni rendez-vous à caler : vous ouvrez un compte, vous écrivez, vous publiez. Cette rapidité a une vraie valeur quand l'activité démarre et que la trésorerie n'existe pas encore.

Un banc d'essai, enfin, et c'est le mérite le plus sous-estimé. Écrire les pages d'un site oblige à formuler ce qu'on vend, à qui, et pourquoi cela vaut le prix demandé. Beaucoup découvrent à ce moment que leur discours est flou. Le faire gratuitement, avant d'engager le moindre euro, est une économie réelle. Ce que le gratuit ne donne pas, en revanche, c'est la structure : décider quelles pages existent et ce qu'on écrit dedans reste le même travail, gratuit ou payant, et la méthode est dans créer un site vitrine, étape par étape.

Ce que le gratuit prend en échange, poste par poste

Voici les six contreparties qu'on retrouve, sous une forme ou une autre, dans presque toutes les offres sans facture. Aucune n'est rédhibitoire isolément ; c'est leur accumulation qui décide.

L'adresse

Beaucoup d'offres gratuites publient le site sur un sous-domaine de l'éditeur, du type « votre-nom.plateforme.fr ». C'est la contrepartie la plus visible et la plus durable : elle apparaît dans les résultats de recherche, dans la barre du navigateur, sur vos supports imprimés. Elle dit à qui la lit que le site est un essai, et elle rend le déménagement coûteux, puisque cette adresse-là ne vous suivra pas.

La publicité et la marque de l'éditeur

Un bandeau, une bannière en pied de page, un lien « site créé avec… ». Cette mention est le loyer que vous payez en visibilité. Elle est rarement gênante sur un blog personnel ; elle l'est davantage sur un site qui doit inspirer confiance avant un devis de plusieurs milliers d'euros, parce qu'elle signale un budget nul là où le client cherche un professionnel installé.

La propriété de ce que vous écrivez

Vos textes et vos photos restent les vôtres au sens du droit d'auteur : aucune offre sérieuse ne prétend le contraire. La question n'est pas la propriété, c'est l'accès. Un contenu que vous possédez mais que vous ne pouvez pas extraire de l'outil est, en pratique, un contenu que vous devrez retaper.

L'export

C'est le point le plus déterminant et le moins regardé. Certaines offres proposent un export propre des textes et des images ; d'autres n'en proposent aucun, ou le réservent aux formules payantes. Un outil sans export est un outil dont on ne sort qu'en recommençant. Posez la question avant de commencer, pas au moment de partir : à ce moment-là, vous n'aurez plus de levier.

Le référencement

Un site gratuit peut parfaitement être indexé : la gratuité n'est pas une pénalité en soi. Les limites viennent d'ailleurs. Un sous-domaine partagé par des milliers de sites hérite d'une réputation qui n'est pas la sienne, et les offres les plus dépouillées ne donnent pas la main sur les titres, les descriptions ou les adresses des pages, qui sont précisément les leviers de base.

L'assistance

Un client gratuit n'est pas un client. Quand un formulaire cesse de fonctionner un vendredi soir, il n'y a ni contrat, ni délai d'intervention, ni interlocuteur : il y a un forum, une base d'articles et de la patience. Ce n'est pas scandaleux, c'est cohérent. Il faut simplement le savoir avant d'en dépendre.

Le logiciel libre : gratuit à télécharger, jamais gratuit à faire tourner

Une famille de solutions mérite un traitement à part : les CMS libres, qu'on télécharge sans rien payer et qu'on installe sur son propre serveur. Le logiciel est réellement gratuit, sans limite de pages, sans publicité imposée, sans sous-domaine. C'est la forme de gratuit la plus généreuse, et la plus exigeante.

Ce qui n'est pas gratuit, c'est tout ce qui l'entoure. Il faut un hébergement, qui se paie tous les mois ou tous les ans. Un nom de domaine, qui se renouvelle. Un certificat de sécurité, souvent compris chez l'hébergeur mais pas toujours. Des sauvegardes rangées ailleurs que sur le serveur qui peut tomber. Le détail de ces lignes est dans ce que coûte vraiment l'hébergement d'un site internet.

Il faut surtout appliquer les mises à jour. Un CMS libre reçoit des correctifs de sécurité réguliers, et un site qui ne les reçoit pas finit par être visité par autre chose que des clients. Cette tâche ne disparaît jamais : elle se fait soi-même tous les mois, ou elle se délègue et devient une ligne de facture. Les deux façons de traiter la question sont comparées dans hébergement compris ou hébergement à part.

Le logiciel libre est donc gratuit en licence et payant en exploitation. Pour qui aime la technique et dispose de temps, c'est une vraie liberté ; pour qui veut publier des pages et retourner à son métier, c'est un poste de travail non prévu. La frontière entre ces deux familles d'outils est traitée dans constructeur de site ou CMS.

Le coût qu'on ne voit qu'après : votre temps

Le poste de dépense le plus lourd d'un site gratuit ne figure sur aucune facture, et les comparatifs l'oublient toujours. Faire un site soi-même prend du temps, et ce temps a un prix : celui de l'heure que vous auriez facturée en travaillant.

Pour un site vitrine de cinq à huit pages, comptez une soirée par page si vous écrivez vous-même, plus deux ou trois soirées de mise en place. Une trentaine d'heures, étalées sur un mois ou deux. Ce n'est pas un obstacle : beaucoup le font, et le résultat est souvent meilleur qu'un site délégué, parce que personne ne décrit votre métier mieux que vous.

Le piège n'est pas la durée, c'est la dispersion. Une offre très limitée oblige à contourner : on cherche une astuce pour dépasser le plafond de pages, on bricole une redirection, on recommence la mise en page parce que le modèle ne fait pas ce qu'on veut. Ces heures-là ne produisent rien de vendable. Elles sont la vraie facture du gratuit, et elle se règle en soirées.

À qui le gratuit convient vraiment

Trois situations, où le gratuit n'est pas un pis-aller mais la bonne décision.

  • Vous testez une activité. Vous ne savez pas encore si le service trouvera preneur, ni sous quel nom vous l'exercerez dans six mois. Payer un abonnement pour un projet dont le nom peut changer est prématuré. Une page gratuite pendant le test, puis une décision : c'est l'ordre logique.
  • Vous animez une association ou un projet sans recettes. Pas de chiffre d'affaires derrière, donc pas de retour sur investissement à calculer. La contrainte est le budget, l'objectif est d'informer des membres déjà acquis, et le référencement n'est pas l'enjeu. Une offre gratuite fait le travail honnêtement.
  • Vous n'avez besoin que d'une page. Un nom, un métier, une zone d'intervention, un numéro, des horaires. Certaines activités n'ont sincèrement rien de plus à dire, et une page unique bien écrite les sert mieux qu'un site de douze pages à moitié rempli.

Ces trois cas ont un point commun : l'enjeu financier est faible ou différé. Dès qu'un site doit rapporter des demandes chiffrables, l'arbitrage change de nature, parce que ce n'est plus une dépense qu'on compare mais un manque à gagner.

Les quatre questions à poser à une offre gratuite avant de commencer

Elles se posent en cinq minutes, avant d'écrire la première ligne. Les réponses figurent presque toujours dans les conditions d'utilisation ou la page d'aide de l'éditeur.

  1. Puis-je brancher mon propre nom de domaine, et à quelles conditions ? C'est la question la plus rentable. Un site gratuit publié sur votre propre adresse garde sa valeur le jour où vous changez d'outil, parce que l'adresse ne bouge pas. Sur un sous-domaine de l'éditeur, tout est à refaire.
  2. Comment j'exporte mes contenus, et dans quel format ? Un export lisible ailleurs vaut mieux qu'une promesse orale. Si la réponse est « il n'y a pas d'export », considérez que tout ce que vous écrirez sera à retaper.
  3. Qu'est-ce qui s'affiche sur mes pages sans que je l'aie décidé ? Publicité, mention de l'éditeur, bandeau d'invitation. Regardez le résultat sur un téléphone, pas seulement sur un ordinateur : c'est là que ces éléments prennent le plus de place.
  4. Que devient le site si je ne me connecte plus pendant six mois ? Certaines offres suspendent les comptes inactifs, d'autres les suppriment. Un site professionnel qui disparaît parce qu'on ne s'est pas connecté de l'été coûte plus cher que n'importe quel abonnement.

Un éditeur sérieux répond aux quatre en clair, dans sa documentation publique. Une réponse introuvable sur la première ou la deuxième est en soi une réponse : elle indique que la sortie n'a pas été prévue pour vous.

Le moment où le gratuit devient plus cher que l'abonnement

Il ne survient pas au même moment pour tout le monde, mais il s'annonce toujours par les mêmes signaux. Trois suffisent à décider.

Le premier est le plafond atteint. Vous voulez ajouter une prestation, une page de tarifs, une zone d'intervention, et l'outil refuse. Chaque contournement coûte alors du temps, et le site cesse de grandir au rythme de l'activité. Un plafond n'est pas un défaut : c'est le mécanisme de conversion de l'offre, et il se déclenche exactement quand le site commence à marcher.

Le deuxième est la première demande arrivée par le site. Le jour où un client dit « je vous ai trouvé sur internet », le site n'est plus un essai : c'est un canal commercial. Un canal commercial qui affiche une adresse en sous-domaine et une publicité pour un éditeur perd des affaires, et une seule affaire perdue paie plusieurs années d'abonnement.

Le troisième est le temps passé à contourner. Au-delà de deux soirées par mois consacrées à forcer l'outil, la comparaison est déjà tranchée au prix de votre heure. Ce que le modèle de l'abonnement achète exactement, et ce qu'il n'achète jamais, est détaillé dans le site en abonnement, ce que le modèle achète.

Passer du gratuit au payant sans tout perdre

Le passage se prépare, et il se passe bien quand trois choses ont été anticipées.

Le nom de domaine d'abord. S'il est déjà à votre nom et pointé vers l'offre gratuite, le déménagement se résume à changer une destination : visiteurs, cartes de visite et liens existants continuent de fonctionner. S'il appartient à l'éditeur, vous ne déménagez pas, vous recommencez ailleurs, et vous repartez de zéro en visibilité.

L'export ensuite. Récupérez textes et images avant de résilier quoi que ce soit, jamais après : un compte fermé ne se rouvre pas toujours, et une offre gratuite ne garantit aucun délai de conservation. Une copie de tout, rangée sur votre ordinateur, coûte une heure et évite une catastrophe.

Les anciennes adresses enfin. Si des pages étaient indexées, elles doivent être redirigées vers leurs équivalentes sur le nouveau site, sinon les positions acquises se perdent en silence. La marche à suivre est dans refaire son site sans perdre son référencement.

L'essai gratuit de Webcosa, et ce qu'il est vraiment

Webcosa n'a pas de formule gratuite permanente, et il vaut mieux le dire franchement. Ce que nous proposons est un essai : sept jours, sans carte bancaire, avec toutes les capacités de l'outil ouvertes. Ce n'est pas la même chose qu'une offre gratuite, et cela ne prétend pas l'être.

La différence tient à ce qui se passe ensuite. Une offre gratuite permanente vous laisse rester, au prix des contreparties décrites plus haut. Un essai s'arrête. En échange, il n'affiche aucune publicité sur vos pages, ne vous impose pas de sous-domaine, et vous laisse juger l'outil sur ce qu'il fait vraiment plutôt que sur une version amputée.

Si vous ne donnez pas suite, votre travail est conservé quatre-vingt-dix jours après l'expiration : revenir trois semaines plus tard ne veut donc pas dire tout recommencer. Passé ce délai, il est supprimé. Au-delà de l'essai, l'abonnement démarre à 29 € par mois en formule Solo et 59 € en formule Pro, hébergement en Europe, certificat, sauvegardes et mises à jour compris. Le comparatif est sur la page des tarifs, et les questions de fonctionnement courant dans la foire aux questions.

Ce qu'il faut retenir

Le gratuit n'est pas un mensonge : c'est un mode de financement. Il se paie en adresse, en publicité, en dépendance, en assistance absente, et surtout en temps. La bonne question n'est jamais « est-ce vraiment gratuit », c'est « en quelle monnaie ».

Trois situations le justifient pleinement : le test d'une activité, un projet sans recettes, un besoin qui tient sur une seule page. Dans ces cas-là, payer serait une dépense inutile, et personne n'a intérêt à vous convaincre du contraire.

Partout ailleurs, le gratuit a une date de péremption, et elle coïncide avec le succès du site. Anticipez-la en gardant deux choses sous votre contrôle dès le premier jour : votre nom de domaine, et une copie exportable de tout ce que vous écrivez. Avec ces deux-là, changer d'outil est un déménagement. Sans elles, c'est un redémarrage.

Questions fréquentes sur la création d'un site gratuit

Oui, et sans astuce particulière. Plusieurs éditeurs proposent une formule sans facture, et les CMS libres se téléchargent sans rien payer. Ce qui varie, c'est la contrepartie : une adresse en sous-domaine, de la publicité affichée sur vos pages, un plafond de pages ou de fichiers, l'absence d'assistance, parfois l'impossibilité d'exporter ce que vous avez écrit. Le site est réellement gratuit en euros ; il ne l'est ni en autonomie, ni en temps passé.

Oui, plusieurs CMS sont libres et gratuits en licence. La nuance compte : gratuit à télécharger ne veut pas dire gratuit à faire tourner. Il faut ensuite payer un hébergement, un nom de domaine, parfois un thème, et surtout appliquer les mises à jour de sécurité tous les mois. Pour qui est à l'aise avec la technique, c'est une vraie liberté. Pour les autres, c'est un poste de travail non prévu qui finit par se déléguer, donc par se facturer.

Rien ne l'en empêche, et beaucoup le sont. Les limites viennent d'ailleurs : un sous-domaine partagé par des milliers de sites ne bénéficie d'aucune réputation propre, et les offres les plus dépouillées ne donnent pas la main sur les titres, les descriptions ni les adresses des pages, qui sont les leviers de base. Aucun outil, gratuit ou payant, ne garantit une position : ce qui décide reste le contenu et la précision de ce que vous écrivez.

Cela dépend de l'éditeur, et c'est la première question à poser. Certaines formules gratuites acceptent un domaine personnel, d'autres le réservent aux abonnements. L'enjeu dépasse l'esthétique : un site publié sur votre propre adresse conserve sa valeur le jour où vous changez d'outil, puisque l'adresse ne bouge pas. Sur un sous-domaine de l'éditeur, un déménagement fait repartir la visibilité de zéro, quel que soit le travail accompli avant.

Ne vous fiez pas à une réponse verbale : testez. Dès la première semaine, cherchez la fonction d'export, lancez-la, ouvrez le fichier obtenu et regardez ce qu'il contient vraiment — les textes seuls, les images, la structure des pages. Un export qui ne rend qu'une liste de titres ne vous servira à rien. Si aucune fonction de ce type n'existe, partez du principe que tout devra être retapé ailleurs le jour du départ.

Souvent oui, et c'est l'un des cas où le gratuit est le bon choix plutôt qu'un pis-aller. Il n'y a pas de chiffre d'affaires derrière, donc pas de retour sur investissement à calculer, et l'objectif est généralement d'informer des membres déjà acquis. Deux précautions suffisent : que plusieurs personnes disposent des accès, pour que le site ne dépende pas d'un seul bénévole, et que le contenu reste exportable en cas de changement de bureau.

Pour un site vitrine de cinq à huit pages, comptez une soirée par page si vous rédigez vous-même, plus deux ou trois soirées de mise en place générale. Une trentaine d'heures étalées sur un mois ou deux. Ce qui allonge ce délai n'est presque jamais la technique : c'est la page blanche. La parade tient en une règle simple, écrire tous les textes dans un traitement de texte avant d'ouvrir l'outil, sans se préoccuper de la mise en page.

Trois signaux suffisent. Un plafond atteint : vous voulez ajouter une page et l'outil refuse. La première demande arrivée par le site : il n'est plus un essai mais un canal commercial, et une seule affaire perdue par manque de crédibilité paie plusieurs années d'abonnement. Le temps de contournement, enfin : au-delà de deux soirées par mois passées à forcer l'outil, la comparaison est tranchée au prix de votre heure.

Non, et la confusion coûte cher. Une offre gratuite permanente vous laisse rester sans payer, en échange des contreparties habituelles : publicité, sous-domaine, plafonds, assistance limitée. Un essai gratuit ouvre l'outil entier pendant une durée courte, sans contrepartie affichée sur vos pages, puis s'arrête. L'essai sert à juger un produit sur ce qu'il fait vraiment ; l'offre gratuite sert à héberger un site durablement, à condition d'en accepter le prix caché.

C'est un risque réel et il ne se négocie pas : une formule gratuite n'est adossée à aucun contrat commercial de votre côté, donc à aucune obligation de continuité de l'autre. Les éditeurs qui suppriment une offre laissent en général un délai pour migrer, mais rien ne l'impose. Deux précautions le rendent supportable : garder le nom de domaine à votre nom, et conserver chez vous une copie à jour des textes et des images.

Tout ça, Webcosa le fait à votre place — ou vous laisse le faire, sans y passer vos soirées.