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Le meilleur CMS n'existe pas. Voici comment choisir le vôtre

WordPress, Wix, Webflow, un CMS hébergé : la question n'est pas lequel est le meilleur, mais qui héberge, qui met à jour, et ce que vous emportez.

« Quel est le meilleur CMS ? » est une question mal posée, et les classements qui prétendent y répondre le montrent bien : ils changent de gagnant selon le site qui les publie. Un CMS n'est pas un produit qu'on note, c'est un compromis qu'on choisit — entre ce que l'outil fait à votre place et ce qu'il vous laisse porter.

Cet article ne désigne donc pas de vainqueur. Il explique ce qu'un CMS fait réellement, quelles familles existent, ce qui sépare les outils les plus répandus, et les cinq critères qui décident vraiment — dont deux que presque personne ne regarde avant de s'engager.

Ce qu'est un CMS, en une minute

CMS signifie « content management system » : un système de gestion de contenu. C'est le logiciel qui vous permet de modifier les pages d'un site sans écrire de code — changer un texte, remplacer une photo, ajouter une prestation, publier un article.

Sans CMS, chaque modification passe par quelqu'un qui édite des fichiers. Avec un CMS, elle passe par un écran d'administration où vous vous connectez. C'est toute la différence, et elle décide de la vitesse à laquelle votre site vieillit : un site qu'on ne peut pas modifier soi-même n'est jamais modifié.

Un CMS se compose toujours des mêmes briques : un espace d'administration, une base où vit le contenu, un système de gabarits qui met ce contenu en page, et un moteur qui répond aux visiteurs. Ce qui change d'un outil à l'autre, c'est qui exploite ces briques — vous, ou l'éditeur.

La seule question qui trie vraiment : qui héberge et qui met à jour

Tous les comparatifs commencent par les fonctionnalités. C'est l'ordre inverse du bon. La première question à trancher est celle de la responsabilité d'exploitation, parce qu'elle décide de votre charge de travail pour les cinq prochaines années — et qu'elle ne se rattrape pas facilement.

Deux réponses possibles. Dans la première, vous installez le logiciel chez un hébergeur : vous en êtes l'exploitant. Vous choisissez la version, vous appliquez les correctifs de sécurité, vous testez que les extensions restent compatibles, vous surveillez les sauvegardes. En échange, vous pouvez tout modifier et partir avec l'ensemble quand vous voulez.

Dans la seconde, l'éditeur exploite la plateforme pour tous ses clients à la fois. Vous n'avez ni version à choisir ni mise à jour à programmer, et la facture de maintenance technique disparaît. En échange, vous ne modifiez que ce que l'outil expose, et la question de la sortie doit être vérifiée avant d'entrer.

Ce choix-là est structurant. Tout le reste — l'éditeur de page, le nombre de gabarits, les intégrations — se compense, se contourne ou s'apprend. La responsabilité d'exploitation, non.

Les quatre familles de CMS

FamilleQui exploiteCe qu'on y gagneCe qu'on y perd
Auto-hébergé (open source)Vous, ou votre prestataireLiberté totale, écosystème d'extensions, export intégralMises à jour, compatibilité, sécurité : à votre charge
CMS hébergé (SaaS)L'éditeurRien à administrer, une seule facture, mises à jour continuesLe périmètre de l'outil est celui de l'éditeur
Constructeur visuelL'éditeurMise en page libre, résultat rapide sans compétenceStructure souvent fragile, contenu difficile à reprendre
HeadlessVous, pour la façadeLe même contenu alimente site, application et bornesIl faut un développeur pour la partie visible
Les quatre familles répondent à des besoins différents. Pour un site vitrine d'entreprise, seules les deux premières se discutent réellement.

La famille headless mérite une précision, parce qu'elle est très présente dans les articles techniques et très rarement adaptée aux sites vitrines. Un CMS headless ne gère que le contenu : il ne produit aucune page. Il faut construire la façade séparément, donc payer un développement et l'entretenir. C'est excellent quand le même contenu alimente plusieurs supports, et disproportionné pour un site de huit pages.

Les outils les plus répandus, et à qui ils conviennent

Voici ce qui sépare réellement les noms qu'on croise partout. Aucun n'est mauvais ; ils ne s'adressent simplement pas aux mêmes personnes.

OutilFamilleSon point fortSa contrepartie
WordPressAuto-hébergé, open sourceL'écosystème le plus vaste : un module existe pour presque toutUne pile à entretenir soi-même, et des extensions qui vieillissent
JoomlaAuto-hébergé, open sourceGestion fine des droits et des contenus multilinguesCommunauté plus étroite, moins de ressources en français
DrupalAuto-hébergé, open sourceStructures de contenu complexes, sites institutionnelsCourbe d'apprentissage sévère, coût de développement élevé
WixConstructeur visuelUn site en ligne très vite, sans aucune compétenceVérifiez ce que vous pouvez exporter avant de vous engager
SquarespaceConstructeur visuelDes gabarits soignés, une esthétique homogènePeu de marge de manœuvre hors des gabarits
WebflowConstructeur visuel avancéContrôle très fin de la mise en pagePensé pour des designers : la prise en main est réelle
GhostAuto-hébergé ou hébergéLa publication et l'abonnement par courriel, très bien faitsPeu adapté à un site de prestations
WebcosaCMS hébergéLe site vitrine d'entreprise, hébergement et mises à jour comprisNi boutique en ligne, ni application métier
Comparatif qualitatif : les grilles tarifaires de ces outils changent régulièrement et sont à vérifier chez chaque éditeur. Le tarif de Webcosa est celui de la page des tarifs.

Une remarque sur WordPress, puisque c'est le nom qui revient toujours en premier. Sa force est réelle : l'écosystème est immense, on trouve un prestataire dans chaque ville, et une extension pour à peu près n'importe quel besoin. Sa faiblesse l'est tout autant, et elle est la conséquence directe de sa force : dix extensions écrites par dix auteurs différents, ce sont dix rythmes de mise à jour, dix risques d'incompatibilité et dix portes d'entrée potentielles. Ce travail-là est ce que facture un contrat de maintenance — le sujet de contrat de maintenance d'un site internet.

Les cinq critères qui décident vraiment

Dans l'ordre où il faut se les poser, et pas dans l'ordre où les comparatifs les présentent.

  1. Qui met à jour ? Si la réponse est « moi » et que vous n'êtes pas développeur, la réponse réelle est « personne », et le site deviendra une vulnérabilité en dix-huit mois.
  2. Que puis-je emporter en partant ? Textes, images, structure des pages, et à quel format. Un outil dont l'export est incomplet vous garde par la porte, pas par le produit.
  3. Combien de temps pour changer un tarif ? Faites l'essai pendant la période d'évaluation, sur une vraie page. Si cela prend plus de cinq minutes, vous ne le ferez pas.
  4. Le site produit-il des pages que Google comprend ? Un titre par page, une adresse lisible, une description modifiable, des données structurées. Ce n'est pas une option avancée, c'est la base.
  5. Qui répond quand ça casse, et en quelle langue ? Un forum communautaire à minuit et un service d'assistance joignable ne sont pas le même produit.

Le deuxième critère est celui qu'on regarde en dernier et qui coûte le plus cher. Testez-le avant de vous engager : créez trois pages, puis cherchez le bouton d'export. Ce que vous obtenez en trente secondes est exactement ce que vous obtiendrez dans quatre ans, le jour où vous voudrez partir.

Les trois critères qu'on surestime

  • Le nombre de gabarits. Deux cents thèmes ne valent pas mieux que douze : vous n'en utiliserez qu'un, et ce qui compte est qu'il se plie à votre logo et à vos couleurs.
  • La liste des intégrations. Impressionnante sur une page commerciale, rarement utile : un site vitrine se connecte en général à une boîte de courriel et à rien d'autre.
  • La performance annoncée. Tous les outils sérieux servent une page vitrine rapidement. Ce qui ralentit un site, ce sont des images non compressées et des scripts publicitaires — pas le CMS.

Quel CMS pour un site vitrine d'entreprise

C'est le cas le plus fréquent en France : une entreprise de moins de cinquante personnes, un site de cinq à trente pages, des prestations, des réalisations, un formulaire de contact. Pas de boutique, pas d'espace client, pas d'application.

Pour ce profil, la question se réduit à une alternative. Soit vous avez un prestataire de confiance qui gère un site auto-hébergé, et le sujet est réglé tant que la relation dure. Soit vous n'en avez pas, et un CMS hébergé est le choix rationnel : il supprime la seule charge que vous ne pouvez pas assumer, l'exploitation technique.

Le piège, dans ce profil, n'est jamais le manque de fonctionnalités. C'est l'abandon : un site monté avec enthousiasme, puis jamais modifié parce que la modification demande d'appeler quelqu'un. Choisissez l'outil sur lequel vous serez capable de changer un horaire un dimanche soir.

Et pour un blog ?

Tous les CMS généralistes savent tenir un blog, et la question porte plutôt sur l'organisation : pouvez-vous séparer plusieurs blogs par thème ou par métier, ce qui sert le référencement ? C'est un point à vérifier, car beaucoup d'outils n'en autorisent qu'un seul.

Et pour vendre en ligne ?

Un site marchand est un autre métier : gestion de stock, paiement, transporteurs, facturation, taxes. Un CMS vitrine auquel on ajoute un module de vente convient pour une poignée de références ; au-delà, une plateforme dédiée au commerce est le bon outil, et ce n'est pas le sujet de cet article.

Et pour un site sur mesure ?

Si votre site doit faire quelque chose d'inhabituel — un simulateur, un espace adhérent, une connexion à votre logiciel métier — aucun CMS généraliste ne suffira seul. La bonne question devient alors celle du développement et de son entretien, pas celle du choix d'un outil dans une liste.

Le coût réel d'un CMS gratuit

Les CMS open source sont gratuits, et cette gratuité est réelle : le logiciel ne se paie pas. Ce qui se paie, c'est tout ce qui l'entoure, et l'addition surprend souvent.

  • L'hébergement, qui n'est plus mutualisé à cinq euros dès que le site reçoit du monde.
  • Le thème, souvent acheté sous licence annuelle plutôt qu'une fois pour toutes.
  • Les extensions, dont les versions utiles sont fréquemment payantes et par abonnement.
  • La maintenance, qui est le vrai coût : quelqu'un doit tester et déployer les mises à jour.
  • Le temps, enfin, qui est la ligne la plus chère quand c'est le dirigeant qui la porte.

Le raisonnement honnête consiste à comparer des totaux, pas des prix de licence. Un CMS gratuit hébergé et maintenu coûte fréquemment plus cher, sur trois ans, qu'un abonnement à un outil hébergé — le calcul complet est dans ce qu'un site professionnel coûte chaque mois.

Changer de CMS : ce que ça implique

Changer d'outil est faisable, courant, et beaucoup moins risqué qu'on ne le croit — à une condition, qui n'est pas technique.

Le risque n'est pas de perdre le site : c'est de perdre son référencement. Chaque page de l'ancien site a une adresse connue de Google ; si la nouvelle page vit ailleurs sans que l'ancienne indique où aller, le capital accumulé repart de zéro. La marche à suivre tient en une liste d'adresses et quelques redirections, et elle est détaillée dans refaire son site sans perdre son référencement.

L'autre point à vérifier avant de commencer est l'export : si l'outil que vous quittez ne rend pas vos contenus, la migration devient une recopie manuelle, et son coût est proportionnel au nombre de pages.

Où se situe Webcosa

Webcosa est un CMS hébergé, conçu pour un cas précis : le site vitrine d'une entreprise française qui n'a personne pour s'occuper de la technique. Ce n'est ni un constructeur libre où l'on place les blocs au pixel, ni une plateforme de commerce, ni un outil pour développeurs.

Concrètement, l'abonnement comprend l'hébergement en Europe, le certificat de sécurité, les sauvegardes, les mises à jour de la plateforme, les thèmes du Store et les demandes reçues par vos formulaires sans limite de nombre. La formule Solo est à 29 € par mois — 30 pages, un blog, un nom de domaine, 1 Go de fichiers — et la formule Pro à 59 € par mois, avec les pages sans limite, trois blogs, trois domaines, 20 Go et les redirections d'anciennes adresses.

L'essai dure sept jours sans carte bancaire, ce qui suffit largement à faire le test de sortie décrit plus haut et à mesurer le temps que vous met un changement de tarif. La liste complète est sur la page des fonctionnalités, et les questions récurrentes sur la foire aux questions.

Ce qu'il faut retenir

Le meilleur CMS est celui dont vous assumerez les contreparties pendant cinq ans. Posez d'abord la question de l'exploitation — qui héberge, qui met à jour — puis celle de la sortie, et seulement ensuite celle des fonctionnalités.

Un outil auto-hébergé vous donne la liberté et vous laisse la charge. Un outil hébergé prend la charge et fixe le périmètre. Les deux réponses sont bonnes ; ce qui ne l'est pas, c'est de choisir un outil auto-hébergé sans prévoir qui l'entretiendra, parce que la réponse par défaut est « personne ».

Questions fréquentes sur le choix d'un CMS

Il n'y en a pas dans l'absolu. Pour une entreprise sans compétence technique interne, un CMS hébergé est le choix rationnel : l'éditeur assure l'hébergement, le certificat, les sauvegardes et les mises à jour, et il n'y a pas de contrat de maintenance à côté. Pour une entreprise disposant d'un prestataire de confiance, un CMS auto-hébergé comme WordPress reste excellent, tant que quelqu'un est nommément chargé de l'entretenir.

Un logiciel qui vous permet de modifier les pages d'un site sans écrire de code. Il se compose d'un espace d'administration où vous vous connectez, d'une base où vit le contenu, de gabarits qui le mettent en page et d'un moteur qui répond aux visiteurs. Sans lui, chaque changement de texte passe par quelqu'un qui édite des fichiers — et un site qu'on ne peut pas modifier soi-même n'est jamais modifié.

Les noms qui reviennent partout sont WordPress, Joomla et Drupal du côté des logiciels libres à héberger soi-même, Wix, Squarespace et Webflow du côté des constructeurs hébergés. S'y ajoutent des outils spécialisés : Ghost pour la publication et l'abonnement par courriel, des plateformes dédiées pour la vente en ligne, et des CMS headless pour les projets qui alimentent plusieurs supports.

La question revient à choisir qui exploite la plateforme. Open source : vous choisissez la version, appliquez les correctifs, testez la compatibilité des extensions et surveillez les sauvegardes, en échange d'une liberté totale et d'un export intégral. Hébergé : l'éditeur fait ce travail pour tous ses clients à la fois, en échange d'un périmètre fonctionnel qu'il définit. Ce n'est pas une question de qualité mais de charge de travail.

Le logiciel, oui. Ce qui l'entoure, non : hébergement, thème souvent sous licence annuelle, extensions payantes par abonnement, et surtout maintenance — quelqu'un doit tester et déployer les mises à jour. Sur trois ans, un CMS gratuit hébergé et maintenu revient fréquemment plus cher qu'un abonnement à un outil hébergé. La bonne comparaison porte sur des totaux, jamais sur des prix de licence.

Aucun ne fait la différence à lui seul. Ce qui compte, c'est que l'outil vous laisse maîtriser quatre choses : un titre et une description par page, une adresse lisible et stable, une structure de titres cohérente, et des données structurées émises automatiquement. Tous les outils sérieux le permettent. Le reste du référencement dépend de ce que vous publiez, pas de la marque du logiciel.

Oui, à condition de lister les adresses de l'ancien site avant de l'éteindre et de rediriger chacune vers sa remplaçante. C'est l'étape qu'on saute et la seule vraiment irréversible : une fois l'ancien site coupé, la liste est perdue. Vérifiez aussi, avant de commencer, que l'outil que vous quittez rend vos contenus dans un format exploitable, faute de quoi la migration devient une recopie manuelle.

Rarement, pour un site vitrine. Un CMS headless ne gère que le contenu et ne produit aucune page : il faut construire la façade séparément, donc financer un développement et l'entretenir. C'est le bon choix quand un même contenu alimente un site, une application mobile et d'autres supports. Pour huit pages de prestations, c'est une complexité qui ne rapporte rien.

Pour les gestes courants — modifier un texte, remplacer une photo, publier un article — comptez une à deux heures sur un outil hébergé bien conçu, et une journée sur un outil auto-hébergé où il faut aussi comprendre l'organisation des extensions et des gabarits. Le meilleur test reste l'essai gratuit : chronométrez le temps qu'il vous faut pour changer un tarif sur une vraie page.

Oui, dans tous les cas, à condition qu'il soit déposé à votre nom et non à celui d'un prestataire. Un nom de domaine est indépendant de l'outil : il suffit de le faire pointer vers le nouvel hébergement. C'est précisément pour cela qu'il faut vérifier le titulaire déclaré au registre avant de signer quoi que ce soit — c'est le seul élément qu'un tiers peut conserver.

Tout ça, Webcosa le fait à votre place — ou vous laisse le faire, sans y passer vos soirées.